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 La frontière du désespoir

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Tyroine
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Date d'inscription : 30/01/2005

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MessageSujet: La frontière du désespoir   Jeu 7 Juin 2012 - 15:12

Le mur du bout du monde, un matin où le soleil apparait timidement. Cette imposante muraille possède deux faces totalement différentes : la première est celle que tous les habitants des environs d'Abheleim connaissent... des casernes, des centaines de soldats patrouillant jour et nuit tout le long du mur, une routine ennuyeuse et peu grandiloquente. Les soldats y ont une image de simples gardes passant leur temps à boire et à paresser, mais cette vision est altérée par l'ignorance.

Car derrière le mur se trouve la vérité sur le royaume. Des terres brûlées, l'odeur nauséabonde du sang mêlé à la putréfaction des cadavres des démons jonchant le sol. Ces contrées portent le nom d'Infitialis, royaume ne connaissant qu'esclavage et misère, car quand les soldats maléfiques du démon Nörgul n'accablent pas les quelques villages survivants, ce sont les hordes de monstres qui se chargent de perpétrer la peur dans leurs coeurs.

Peu de roturiers de Vesperae connaissent l'horrible vérité de ces contrées. Rares sont les aventuriers et voyageurs à s'y aventurer ou avoir la permission de passer le mur; plus rares encore sont ceux qui, malgré les recommandations des gardes, reviennent vivants ou en état de conter ce qu'ils y ont vu. Depuis plusieurs années déjà, le royaume est infiniment calme et paisible, outre les quelques rébellions et guerres entre ou contre les lycanthropes, créatures sauvages en proie à leurs instants bestiaux.

Un homme qui ne supportait plus la paix, Donblas l'en punisse pour cet état d'esprit malvenu, passa pourtant un jour sans faire la moindre histoire avec les gardes. Il était vêtu d'une longue cape de cuir recouvrant la presque-totalité de son corps, il n'eut qu'à adresser quelques mots aux braves gardes pour passer de l'autre côté du mur du bout du monde. Dans la face de Vesperae, les gardes semblaient mener une routine sans mésaventure.

Mais parmi ces troupes, il existait quelques unités de reconnaissance et d'extermination de la racaille avoisinante. Ces hommes côtoyaient la mort et trinquaient pour elle, car leur destin était de mourir en dehors des murs, ou de survivre et participer à la prospérité de leurs terres natales. Leur monde est totalement différent de celui de ceux qui ont la chance de garder l'autre côté du mur. Ces soldats voient leurs frères mourir chaque jour, décapitent et éventrent démons comme traitres et déserteurs... Et tout cela pour un maigre espoir que Vesperae ne soit plus jamais en proie aux légions démoniaques.

La plupart de ces hommes furent entraînés à la caserne royale de Proncilia où ils apprirent l'art de l'épée et l'ignorance de la pitié pour leur propre salut. Mais tous n'étaient pas de simples volontaires ou brutes assoiffées de combat et d'action. Ces unités de reconnaissance comptent quelques voleurs, violeurs et autres hommes de larcins qui ne furent pas aptes à rejoindre leur vie médiocre. Il leur fut imposé de vivre de l'autre côté du mur, ou de croupir pour le restant dans leur vie dans des cellules.

Une politique cruelle ? Sans doute... Mais les unités de reconnaissance manquent de bras, et peu importe l'honneur de la royauté quand il s'agit de la sécurité du royaume. Ces hommes avaient des bras, et ils apprirent ainsi à s'en servir pour servir le pays qu'ils avaient souillé de leurs propres mains. La plupart d'entre eux finissait par se ranger et apprécier cette vie rude mais qui leur apprit des valeurs comme la fraternité et comment égorger des démons.

Parmi toutes ces unités débauchées de reconnaissance, une seule se démarquait vraiment car elle était advenue " l'élite ". Menée d'une main de fer par un homme en cape de cuir... le même qui avait passé le mur quelques mois plus tôt. Un homme qui avait battu les unes après les autres chacune des "recrues" refusant à se soumettre au premier venu. Ses traits étaient durs, ses yeux d'un bleu autrefois étincelant peinant désormais à y refléter la vie, et une chevelure grise tombant jusque sur ses épaules, vieillissant son portrait.

Cet homme, ou plutôt hybride, était autrefois le conseiller du roi Roland IV, il n'y a pas si longtemps encore. La nouvelle s'était répandue rapidement dans le royaume : le conseiller du roi, Tyroine, avait abandonné son titre à son fidèle second Lionidas pour d'obscures raisons. L'on dit dans le royaume qu'il souhaitait définitivement se retirer de la vie militaire, panser ses vieilles blessures et finir paisiblement sa vie.

Mais là ne fut jamais la nature du demi-démon, car dans son sang bouillonne bestialité et courage. En vérité, sa vie dans les bureaux du palais royal l'ennuyait à en regretter son sinistre passé. Un passé teinté de sang et de violence où il fut marqué à nombreuses reprises de cicatrices éternelles, tant physiques que morales. Un passé qui faisait autrefois de lui un grand guerrier redouté, parfois respecté... mais souvent rejeté faute de sa nature d'hybride qui le poussa de nombreuses fois à sombrer dans les ténèbres.

Tyroine n'était pas homme à se reposer tranquillement en répondant à des missives et gérer l'économie du royaume avec l'aide de ses suivants. Il avait passé le plus clair de sa vie à se battre, tuer pour ne pas être tué, servir des idéaux utopistes et simples comme la paix dans le royaume ainsi que la justice représentée par Donblas. La seule justice qu'il connait est celle de son épée, car il ne fait qu'un avec ce morceau de métal et de sa ténacité tient sa survie.

C'est ainsi que l'ancien conseiller du roi s'exila dans la plus grande discrétion des terres de Roland IV. Il traversa monts et villages, rivières et bois sombres, seul avec la mort le suivant au loin. Il ne cherchait qu'à se débaucher dans le combat, défaire ou tuer les criminels que ses anciens soldats ne pouvaient poursuivre, participer incognito à des tournois étrangers pour mesurer sa lame aux plus forts. Sa chute effrénée dans la violence le conduisit finalement devant le mur gigantesque de l'autre bout du monde.

Durant ces longs mois, il n'avait combattu que pour lui même, suivant l'appel des armes et rien d'autre. Mais pour lui, Vesperae ne pouvait plus rien lui apporter. Il ne cherchait pas de but, seulement des adversaires et de la chair à taillader pour entretenir son épée. Il passa donc sans grand mal l'édifice en s'identifiant simplement. Les gardes qui reconnurent l'ancien conseiller du roi ne posèrent guère de questions, et Tyroine continua sa route à Infitialis.

Il y vit tout le malheur qui s'était abattu sur ce pays, des démons par milliers et des monstres par centaines. Aucune grotte et aucune plaine n'était sûre... Des terres désolées et bien trop dangereuses, même pour lui. Il séjourna quelques semaines dans les villages pauvres où il partagea la soif et la faim de ses habitants. Il apprit à connaitre leur calvaire, mais pour eux il ne pouvait rien faire. Ce n'était pas son combat, ses citoyens... Seulement des passants qui ne pouvaient être sauvés que de leurs propres mains.

Son voyage à Infitialis fut court et sanglant, sa cape était constamment sale et teintée du sang des monstres qui en voulaient à sa vie. Il revint instinctivement au pied du mur, et y croisa lesdites unités de reconnaissance. Même durant son règne en tant que conseiller, il ne connaissant pas l'existence de ces hommes qui avaient été formés dans la peine et le délit. Mais il n'y trouva là aucun criminel, seulement des hommes qui lui ressemblaient... Aucun but, un avenir sombre et incertain accompagné d'une routine sanglante.

Seul, il peinait à combattre les forces du mal et son entreprise l'aurait sans doute mené à sa propre perte. Partant de ce postulat, il défia les unités de reconnaissance les unes après les autres, combattant seul ou contre plusieurs des soldats pour se mesurer à eux et imposer sa force. Après avoir battu non sans mal ces hommes qui avaient encore beaucoup à apprendre, il joua de son ancien poste pour se nommer chef de l'unité d'élite qu'il fonda lui même.

Il y sélectionna les hommes qui lui avaient donné le plus de fil à retordre et qui lui semblaient les plus aptes à le suivre sans discuter. Les mois passèrent encore, et on connaissant désormais Tyroine comme le trépas des démons. Il vécut avec ses hommes dans la pauvreté, se nourrissant de maigres rations, partant patrouiller des semaines durant parfois en dehors des murs sans jamais rejoindre les casernes du mur. Leur vie était dure, ils se sacrifiaient pour la sérénité de Vesperae.

Ils traquaient bêtes et démons, éventraient les fuyards et investiguaient les grottes peuplées des restes des légions démoniaques de Nôrgul. Leurs patrouilles se faisaient de plus en plus sanglantes à mesure que le temps s'écoulait. Tyroine n'était plus qu'un soldat, même s'il menait ses frères d'armes. Il apprit de nouveau à éprouver de la peine quand certains d'entre eux tombaient au combat, succombaient au climat ou à des tempêtes, il fut mené par l'appel du sang maintes fois pour divertir les soldats usant de mots comme "honneur" et "vengeance".

Il ne savait plus rien de Vesperae, de ses terres de bonheur ni même du confort d'un lit dans les chambres royales. Il embrassait chaque jour son destin, sa lame et chérissait ses hommes... ils vivaient tous dans la réalité de ce monde. C'était une guerre pour la survie, une guerre pour la paix, une guerre pour le sang.

Il ignorait quand sa propre vie allait s'éteindre, mais il savait une chose : c'était la vie qu'il a choisie, et il comptait bien rendre son dernier souffle sur un champ de morts en plongeant sa lame dans le dernier des démons avant de fermer les yeux... et se rendre à Vanilius auquel il avait échappé tant de temps.

Et chaque jour, les soldats côtoyaient la mort et trinquaient à sa santé.

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